Une jeune chercheuse AMU soutient sa thèse sur les Ateliers

Toujours soucieuse d'évaluer les actions menées, d'y apporter différents éclairages afin de les améliorer, la cellule de culture scientifique a répondu favorablement au laboratoire ADEF (apprentissage, didactique, évaluation, formation) pour mettre en place un partenariat de recherche. C'est dans ce cadre que s'inscrit la thèse en sciences de l'éducation de Soraya Uema-Sefer, réalisée sous la direction de Jacques Ginestié et Alice Delserieys-Pedregosa.

L'objectif du travail de recherche réalisé par Soraya était de parvenir à proposer une méthode d'évaluation du processus d'enseignement-apprentissage à l'oeuvre dans les ateliers de médiation scientifique, et plus particulièrement dans les Ateliers d'AMU. Elle a ainsi exploré un champ qui reste une "terra incognita" en sciences de l'éducation, comme l'a fait remarquer Dimitrios Koliopoulos, chercheur dans ce domaine et rapporteur du jury.

Elle a mené une enquête de terrain en distribuant un questionnaire à 141 élèves - avant et après leur venue aux Ateliers d'AMU - afin d'évaluer l'impact de cette participation sur leur motivation et sur le rapport qu'ils entretiennent avec la recherche, les chercheur.e.s, les sciences. Elle a également distribué des questionnaires à 7 enseignant.e.s et à 7 chercheur.e.s médiateur.trice.s, avec lesquel.le.s elle a également mené des entretiens individuels, afin d'analyser leurs attentes mutuelles.

De nombreuses conclusions ressortent de cette étude, notamment que les attentes des chercheur.e.s médiateur.trice.s et des enseignant.e.s qui inscrivent leur classe se rejoignent naturellement et sont cohérentes avec les résultats sur la motivation des élèves. Ces dernier.e.s ont globalement une image plus positive de la science et de la recherche après avoir participé à un atelier. En revanche, s'ils disent avoir passé un bon moment, cela n'influence pas nécessairement leur envie de faire des études scientifiques, de la même manière que visiter un musée d'art ne donne pas nécessairement envie de devenir artiste, comme l'a souligné la jeune chercheuse. Les élèves envisagent la recherche comme une carrière liée non pas à des études particulières, mais à des qualités individuelles de vocation, de passion, d'ambition. À l'inverse, les chercheur.e.s, qui ont également été questionné.e.s par Soraya, répondent pour la plupart avoir poursuivi des études scientifiques car ils étaient bons élèves, et que c'est le chemin qui semblait tracé pour eux. La thèse montre aussi que pour les chercheur.e.s interrogé.e.s, la Culture scientifique est avant tout une pratique liée au plaisir personnel de partager et non à un processus de recherche.

Le travail et l'engagement de Soraya Uema-Sefer a été largement salué par l'ensemble des membres du jury, présidé par Laurence Mouret, professeure de physique au laboratoire PIIM et directrice de l'UFR Sciences d'Aix-Marseille Université.