Développer le goût de l'expérimentation scientifique

Le 8 juin dernier, l’université de Corse accueillait la finale nationale du concours Faites de la science. Ce concours, porté par la Conférence des doyens et directeurs d’UFR scientifiques des universités, cherche à développer le goût des élèves pour l’expérimentation scientifique en leur proposant d’aborder les questions avec l’esprit du chercheur. Une démarche qui n’est pas sans lien avec l’Experimentarium…

L’Experimentarium, programme national de rencontre publics-chercheurs, sillonne les territoires en proposant rencontres et discussions autour de sujets de recherche en cours. Le 5 avril dernier et pour la 3ème année consécutive, il a ainsi posé ses valises sur le campus Hannah Arendt de l’Université d’Avignon où était organisée la finale locale du concours Faires de la Science. Chercheurs de l’Experimentarium et chercheurs en herbe du concours se sont alors rencontrés.

Retours sur cette journée avec Estelle Nakul, doctorante d’Aix-Marseille Université en neurosciences et grande amatrice de l’Experimentarium.

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Tu as participé à une dizaine de journées de rencontre Experimentarium. Qu’est-ce qui rend l’Experimentarium, organisé dans le cadre du concours Faites de la science, différent des autres ?

Ces élèves sont initiés aux pratiques de la recherche, ils ont mené un projet scientifique tout au long de l’année en se posant des questions et en essayant d’y répondre avec une rigueur scientifique. Leurs regards sur ma recherche sont plus riches et plus pertinents. On voit que la discussion fait écho à des choses qu’ils ont déjà vues ou qu’ils ont pratiquées, que ce soit sur le thème même de mes recherches ou bien sur la démarche scientifique en général.

Les élèves que tu as rencontrés sont-ils plus curieux ?

Je ne dirais pas forcément ça… Mais ils posent des questions différentes. Habituellement, j’ai très peu de questions sur ma méthode et sur la démarche scientifique. Là, on sent que les groupes sont intéressés par la science. Certains m’ont même dit : « Faire une thèse, en fait, c’est un peu faire comme nous ! ». Je trouve super chouette ce renversement de situation où ils réalisent qu’une thèse c’est le même type de projet que ceux qu’ils ont menés mais en plus conséquent. J’ai l’impression que pour eux, avoir mené un projet toute l’année, puis avoir rencontré des chercheurs ça leur permet vraiment de démystifier la science, les études et le doctorat.

Le 5 avril dernier, tu as rencontré des élèves qui avaient développé un projet en neurosciences. Ils t’ont même emmené sur le stand. Alors ça fait quoi de passer de l’autre côté ?

C’est vrai ! Je les ai « reçus » à l’Experimentarium avant d’aller visiter leur stand. Ils avaient mené un atelier, visiblement très intéressant, avec l’association Tous Chercheurs autour de l’épilepsie. Ils étaient contents de me voir, que j’ai fait la démarche de m’intéresser à leur projet comme eux l’avaient fait pour le mien. Ils m’ont présenté leurs expériences et ce qu’ils en avaient conclu autour d’un poster scientifique plutôt bien fait, comme ceux que l’on voit dans les congrès ! Ce qui est dommage c’est que l’on n’ait pas eu le temps d’explorer certaines questions en lien entre nos deux sujets et qui les interrogeaient. Comme par exemple si les troubles du système vestibulaire, que j’étudie, peuvent causer l’épilepsie.

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